Le RER est une priorité, partout et au même rythme en Brabant wallon…

Le chantier du RER est une priorité pour l’ensemble du Brabant wallon.

Alors que la Flandre est dans la dernière ligne droite, les lignes RER de Bruxelles vers Louvain-la-Neuve (161) et vers Nivelles (124), initialement annoncées pour 2012, ne verront pas le jour avant 2025, voire 2027.

Là où certains opposent ces deux chantiers, nous insistons sur la nécessité pour tous les acteurs politiques du Brabant wallon de s’unir autour des enjeux de mobilité pour la province dans sa globalité. Les deux lignes sont indispensables et transiger n’est pas une option.

Discuter vainement autour de « solutions » facilement compréhensibles mais simplistes n’aidera pas à faire avancer le RER. Les forces politiques du Brabant wallon doivent se rassembler pour mettre la pression là où s’opèrent les retards et blocages qui paralysent les chantiers du RER. Seule une action convergente permettra peut-être d’accélérer les choses.

Car les blocages viennent de partout : financiers (réduction des budgets d’Infrabel et de la SNCB, trou de 500 millions dans le fonds RER, respect trop strict de la clé 60-40 dans les investissements d’Infrabel…), politiques (permis bloqué à Linkebeek, renégociation du Plan pluriannuel d’investissement…) ou techniques (« oubli » de l’arrière-gare de Louvain-la-Neuve). Il n’y a donc pas de solutions faciles.

Seule la pression à la fois politique et citoyenne permettra d’accélérer le processus et de soulager les réseaux de mobilité du Brabant wallon. Cette action doit se faire dans une perspective globale de mobilité intégrée. On le vit au quotidien, le Brabant wallon est congestionné en de nombreux endroits. Si rien n’est fait, la situation ne fera qu’empirer.
Le RER est une première réponse, absolument urgente et indispensable, mais on sait d’ores et déjà qu’elle sera insuffisante. En 2030, la population du Brabant wallon augmentera de 18 % par rapport à 2012, pour arriver à 450 000 personnes. Quatre-vingt mille personnes en plus, ce sont les population d’Ottignies-LLN, de Villers-la-Ville et de Braine-l’Alleud réunies. Pour que la situation ne se dégrade pas, le Plan provincial de mobilité réalisé en 2012 pointait la nécessité d’un transfert modal de la voiture vers les modes alternatifs (transport en commun, vélo) à hauteur de 40 %, contre 20 % actuellement. Seul ce scénario « hypervolontariste » permettrait de maintenir ou de très légèrement diminuer les trajets en voitures et la congestion routière du Brabant wallon.


… mais accompagnée d’une politique globale de mobilité durable

Le RER est la première des priorités à ce niveau, quelle que soit la ligne concernée. La concrétisation de ce projet est nécessaire pour la vie économique et sociale du Brabant wallon. Cependant, pour Ecolo, une politique de mobilité durable doit être pensée de manière globale et intégrée.

Si le RER doit faire l’objet d’un soutien politique commun et immédiat, d’autres projets liés au RER ou au réseau de transport en commun doivent être :

– soit finalisés

L’aménagement et la densification autour des gares.

Le projet d’aménagement de la gare d’Ottignies, déjà planifié concrètement, est un exemple emblématique. L’état actuel de la gare d’Ottignies est inadmissible et n’est certainement pas à la hauteur de son attractivité croissante.

Avec 22 000 montées quotidiennes et autant de passagers qui y transitent, la gare d’Ottignies est plus fréquentée que celles de Namur, Liège ou Mons (trois fois plus fréquentée que celle de Mons, qui coûtera pourtant 4 fois plus que ce qui est prévu à Ottignies). Un vaste projet de réaménagement de la gare d’Ottignies et de ses alentours a donc été défini dans un Masterplan en coopération entre la Ville, la SNCB et Infrabel. Malheureusement, les montants prévus par la SNCB et Infrabel pour ce chantier ne sont plus garantis et le niveau fédéral, la Région, la SNCB et Infrabel se renvoient la balle. Ecolo appelle à la fin des petits jeux politiciens pour se recentrer sur l’essentiel : une bonne coopération entre les acteurs du dossiers et des choix d’investissements objectifs dictés par l’intérêt général.

– soit discutés et précisés dans une perspective à long terme

La mise en place d’une ligne de bus rapide « TEC » structurante en centre Brabant wallon, sur la Nationale 4. La ligne relierait la gare de Gembloux, Louvain-la-Neuve et le Zoning Nord de Wavre. Le TEC devrait rapidement mettre à l’étude cet axe structurant, sur base du schéma de desserte suivant :

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La création d’un service de transport en commun efficace et rapide sur l’axe est-ouest. Dans une perspective de long terme, la création d’une liaison de transport public sur un axe est­-ouest doit être analysée en profondeur. Cette idée d’un axe de transport structurant à travers le Brabant wallon est évoquée dans le Plan provincial de mobilité. Cette liaison drainerait les échanges importants entre les deux grands pôles de la province : Braine­-l’Alleud/­Waterloo d’une part, Ottignies­-LLN et Wavre de l’autre. Par ailleurs, cette ligne pourrait être prolongée et relier Braine-le-Château et Tubize, créant ainsi une « dorsale brabançonne » qui désenclaverait l’ouest du Brabant wallon.

L’ouverture rapide de nouveaux points d’arrêts RER : Braine-l’Alleud (déjà prévu), Nivelles-Sud et Saintes.

La valorisation foncière autour des gares. Le Brabant wallon compte vingt gares secondaires qui disposent, dans un rayon de 800 m, d’une réserve foncière cumulée de plusieurs centaines d’hectares. Moyennant les adaptations légales et urbanistiques nécessaires (Plans de secteurs, PCA,…), ces terrains permettraient de construire 24.000 logements à proximité immédiate d’une gare.

La création d’une arrière-gare à Louvain-la-Neuve. Cette arrière-gare est indispensable, comme l’a déjà reconnu le Gouvernement wallon, pour assurer les cadences prévues dans le cadre du RER. Malheureusement, aucun permis ne fait actuellement référence au projet. A priori, la conception technique du parking relais en construction à Louvain-la-Neuve constituera un handicap majeur pour réaliser l’arrière-gare… ou un prétexte pour ne pas la réaliser. Si la SNCB invoque cet argument pour réduire les fréquences du RER à Louvain-la-Neuve, l’utilité-même de ce parking à 60 millions d’euros sera remise en question…

Le renforcement de l’offre au départ de Louvain-la-Neuve et l’étude d’un raccordement direct vers Namur. Le nouveau parking de 2 500 places justifie une revalorisation de l’offre au départ de Louvain-la-Neuve. Idéalement, la gare de Louvain-la-Neuve devrait être desservie par des trains rapides, complémentaires aux trains RER. Par ailleurs, une nouvelle courbe de raccordement direct, à hauteur de Mont-St-Guibert, depuis Louvain-la-Neuve vers Namur permettrait un gain de temps considérable, en délestant du même coup la gare d’Ottignies dont la fréquentation ne cesse d’augmenter.

L’utilisation du vélo doit être soutenue, encouragée et sécurisée dans une optique d’intermodalité. Qu’il s’agisse de créer des pistes cyclables ou de finaliser les tronçons manquant du Ravel, la notion d’intermodalité est primordiale afin de combiner efficacement et facilement le vélo avec d’autres moyens de transport.

En conclusion,

Ecolo lance un appel solennel aux autres partis politiques démocratiques et à tous les acteurs de la mobilité afin de lancer les bases d’une politique ambitieuse de mobilité durable à la hauteur des enjeux démographiques, économiques et sociaux du Brabant wallon.

Ecolo demande en particulier au MR, premier parti de la région, de prendre l’initiative de relancer la dynamique « Horizon BW 2020 » (plutôt 2030), avec, à l’ordre du jour cette question vitale pour l’avenir harmonieux de la province et de ses habitants.

Marcel Cheron
Député fédéral


Hélène Ryckmans

Députée régionale et à la FWB, Sénatrice

Véronique de Brouwer, Siska Gaeremyn, Youri Caels
Secrétaires régionaux

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