Le Collectif 8 mars lance cette année un appel à la grève des femmes, inspiré de la grève des femmes en Espagne l’an dernier. Cet appel à la grève vient rappeler les luttes historiques des femmes pour l’accès aux études, l’accès au métier de leur choix, un salaire égal (pas encore atteint), le droit de vote et d’être élue, le droit à la représentation politique paritaire (pas encore garantie, elle non plus).

La grève, c’est une forme d’expression pour les travailleuses qui rappellent qu’elles gagnent encore 16 % de moins que les hommes pour un travail équivalent, qu’elles sont plus nombreuses à être des travailleuses pauvres et des chefs de famille monoparentale en risque de précarité.

Cette grève, c’est l’occasion pour toutes les femmes de s’arrêter de faire des tâches domestiques, des tâches typiquement considérées comme féminines. Toutes ces tâches réalisées dans le cadre des soins, le « care », sont soit disant naturellement assumées par les femmes alors qu’il s’agit bien de comportements façonnés par l’éducation et la culture patriarcale. L’idée de faire la grève de ces activités vise surtout à les sortir de l’invisibilité et à forcer le débat au sein du couple ou de la famille : « Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête » !

Ce 8 mars 2019, c’est aussi, pour ECOLO, l’occasion de dénoncer le phénomène du cyberharcèlement. Saviez-vous que trois quart des femmes qui utilisent Internet ont déjà été confrontées à des violences en ligne ? Après la vague du #metoo qui a permis une certain libération de la parole et favorisé la dénonciation du machisme, les réseaux sociaux, parfois sans balises, ont parfois, au contraire, alimenter un déferlement d’insultes et d’injures sexistes ! Il est donc essentiel pour les femmes de dénoncer et de se prémunir. Il est aussi important pour les médias de se pencher sur leur présentation des faits de violence envers les femmes. Ils se doivent de pratiquer un meilleur équilibre dans la répartition de la parole en la donnant aussi aux femmes expertes et témoins privilégiées.

Et on se réjouit de voir toutes les jeunes femmes comme Greta, Adelaïde, Anuna qui mènent les manifs pour le climat avec une assertivité réconfortante !

Hélène Ryckmans, tête de liste régionale, députée régionale et fédération Wallonie-Bruxelles

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