Choisir le développement avec les acteurs du Brabant wallon

La situation

Le brabant wallon s’urbanise fortement. En 30 ans, on a ajouté en moyenne 60 % de surface bâtie. Et on n’y a pas créé que des logements : zones d’activité économique, développement de l’université, reconversion des friches industrielles de Clabecq ou Genappe… Ceux qui voient encore la province comme le dortoir de Bruxelles se trompent lourdement : le Brabant wallon a une dynamique économique et territoriale propre, qui attire des travailleurs des autres régions du pays.

Ce développement s’est fortement appuyé sur le transport routier, et malheureusement pas assez sur les transports en commun et les déplacements doux. Les zones d’activité économiques ont notamment été développées dans des lieux quasi-uniquement accessibles en voiture, ce qui cause aujourd’hui pas mal d’embouteillages. Et ils ne vont faire qu’augmenter, si on en croit les projections du Bureau Fédéral du Plan : en 2008, le BFP prévoyait une augmentation du trafic automobile de 30 % pour 2030. Le Brabant wallon, congestionné, risque de perdre son attractivité, son dynamisme et tout ce qui fait la qualité de vie de la province. Il faut réagir.

Par ailleurs, pour les particuliers, acheter une maison en Brabant wallon coûte très cher, si on compare au reste de la Wallonie. Savez-vous que si un ménage moyen du brabant wallon consacrait l’entièreté de ses revenus à l’achat de sa maison, il lui faudrait 7 ans pour rembourser la maison ? Et seulement 5 ans en Wallonie ?

La situation est évidemment plus compliquée pour les 25 % de ménages qui disposent de moins de revenus : 12 ans en Brabant wallon et 8 ans en Wallonie. On le voit, acheter une maison en Brabant wallon, c’est plus difficile qu’ailleurs, tant la pression foncière est forte. Et pourtant, les pouvoirs publics ont la capacité de mettre en œuvre des solutions pour rendre les logements plus accessibles.

Le projet d’Ecolo

Le développement territorial est fortement dépendant de deux types d’acteurs. D’abord, des investisseurs privés et publics qui mettent en œuvre leurs projets. Ensuite, les pouvoirs publics, les communes et la Région wallonne, qui délivrent les permis et décident de l’affectation du territoire. Souvent, les communes se font concurrence et cherchent à développer leurs équipements dans une logique de compétition. Alors que la coopération pourrait permettre d’optimiser les investissements, au bénéfice de tous. Ecolo vise donc la mise en place d’un dialogue global sur le développement du bassin de vie du Brabant wallon.

Nos propositions

 

  • Partir du diagnostic territorial du Brabant wallon, compilé récemment par la Province.
  • Charger un « Conseil de développement territorial », composé paritairement de conseiller provinciaux et de représentants de la société civile, d’établir un « plan stratégique du développement territorial du Brabant wallon », sur base du diagnostic provincial.
  • Le Conseil de développement territorial relèverait notamment les défis suivants :
    • Le maintien d’une dynamique économique propre au Brabant wallon
    • Le vieillissement de la population de la province
    • L’accessibilité financière des logements
    • La perte de biodiversité et le maillage écologique (vert et bleu) de la Province
    • La définition de projets par territoires géographiques, ainsi que l’adéquation et la répartition des équipements supra-communaux publics
Les principes défendus par Ecolo dans ce dialogue provincial seront les suivants :

 

  • Réhabilitation des zones désaffectées et des anciens sites industriels.
  • Développement de l’activité économique dans les centres-villes, notamment via des espaces de Co-working et des couveuses d’entreprises.
  • Équipement des Zones d’activité économique en transports en commun.
  • Développements de quartiers durables1 et de logements basse-énergie, situés dans des zones équipées en services (moins de « lotissements »).
  • Développement des axes de vallée, qui favorisent la mobilité douce (par exemple, la Vallée de la Dyle).
  • Développement du maillage cycliste des communes de la province, via un réseau cyclable inter-village.
  • Développement et maintient des équipements dans les centres de village : petits commerces, crèches, écoles, …
  • Développement des espaces verts et de la biodiversité, y compris dans les zones bâties.
  • Mise en valeur des cours d’eau pour la promenade et la baignade, et de la biodiversité des zones humides.
  • Construction de logements publics2, répartis sur le territoire, notamment via l’imposition de charges d’urbanisme aux promoteurs et de plans d’investissements des sociétés de logement.
  • Diversification des modes d’habitat, en vue d’inclure notamment les ménages aux revenus plus faibles (on pense notamment aux familles monoparentales et aux jeunes) : logement alternatif, logement public, habitat groupé, habitat kangourou, Community Land Trust, habitat léger.
  • Équipement adapté au vieillissement de la population : adaptations PMR, mobilier urbain et équipement collectif du bassin de vie en maisons de repos, centres de jour, etc.
  • Créations de zones spécifiques dédiées au maraîchage bio.
  • Conversion des cimetières en « cimetières nature ».
  • Implantation des équipements en vue de minimiser les déplacements automobiles.
  • Développement de l’efficacité énergétique des bâtiments et l’utilisation de matériaux naturels ou recyclés… et recyclables.
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