Protéger l’environnement, développer la biodiversité et promouvoir la santé

La situation

En Brabant wallon, la superficie bâtie a quasi doublé par endroits en seulement 30 ans. La nature et la biodiversité sont menacées par l’artificialisation des terres sous cette pression de l’habitat et de l’extension des zonings d’activité. Une mobilité encore quasi exclusivement centrée sur la voiture pour ce qui concerne les déplacements au sein de la Province génère une production de CO2 importante et contribue au réchauffement climatique.

Notre objectif est que la Province mette en place une stratégie d’action pour la protection de l’environnement et le développement de la biodiversité ces prochaines années.

Le Projet d’Ecolo

Pour Ecolo, il est primordial et naturel d’accorder une importance particulière à l’environnement. D’autant plus que l’on découvre progressivement l’influence des dégradations environnementales sur la santé, ou même sur l’efficacité de certaines activités (e.a. la biodiversité en agriculture).

Nos propositions en faveur de la protection de l’environnement se retrouvent d’ailleurs en filigrane de tous les thèmes abordés dans notre programme. Nous estimons que toute décision politique doit se faire en étudiant les conséquences sur notre environnement. Un environnement que nous devons préserver et dont la qualité est en lien direct avec notre santé.

Dans la mesure où le développement du Brabant wallon doit se faire dans l’harmonie et le respect du cadre de vie, l’aménagement du territoire, les zones d’activité économique, le logement,… tout doit se penser en fonction du respect de l’environnement. Il s’agit donc d’une question transversale, qu’Ecolo va développer aussi bien en s’occupant d’emploi, d’économie ou de santé.

Les priorités

1. Biodiversité

En Brabant wallon la superficie bâtie a quasi doublé par endroits en seulement 30 ans. Parallèlement, les zones agricoles soumises à des pratiques intensives, mettent la nature sous pression. Notre objectif est de construire une stratégie d’action pour le développement de la Biodiversité dans la province ces prochaines années.

L’énorme pression agricole et urbanistique exercée sur le territoire du Brabant wallon a un impact considérable sur la biodiversité (baisse de 75 % du nombre d’insectes depuis 1975 et déclin de 55 % des espèces d’oiseaux de nos régions).. Certaines espèces ont d’ores et déjà disparu, ou presque, de nos contrées (triton à crête, grand hamster…). D’autres sont menacées : de nombreuses espèces d’oiseaux des champs sont victimes de la disparition de leurs abris naturels et du système de monoculture intensif (pesticides, diminution des friches, perte des nichées à cause des récoltes plus précoces, manque de nourriture l’hiver, etc.).

Dans le BW, la mortalité des abeilles atteint 34% de moyenne (mais dans certaines communes plus de 50%). Par rapport aux autres provinces et à la Belgique (25,5% en moyenne), c’est 2ème pire résultat.

Seul 0,2 % du Brabant wallon est protégé et les zones qualifiées « d’intérêt biologique » sont très peu nombreuses (3,6 % du territoire alors qu’il en faudrait 5 %). Les zones Natura 2000 ne bénéficient pas d’un statut de protection suffisant pour développer la biodiversité…

Laissés sans protection, les habitats disparaissent sous les lotissements. Pourtant, une politique d’aménagement proactive pourrait freiner, voire arrêter ce mouvement. Dans ce contexte de manque d’espace pour l’expression de la biodiversité doit être une priorité.

  • La première chose à faire est de protéger toutes les zones centrales du Brabant wallon. Il existe plusieurs types d’espaces pour la biodiversité : les plus importantes sont les « zones centrales » de la biodiversité, rares et menacées, à préserver en priorité. Il s’agit, en BW, des zones humides, des milieux aquatiques, les prés maigres acides qui hébergent des orchidées (spécifiques au BW), les pelouses calcaires, les landes à bruyères ou les carrières de porphyre. On trouve des zones de ce type un peu partout en Brabant wallon. Elles doivent être dédiées en priorité à la nature.
  • Une fois celles-ci hors de danger, il s’agira d’étendre à minimum 5 % du territoire les zones d’intérêt biologique à protéger.

2. Agriculture

Si la plupart des agriculteurs sont conscients des efforts à fournir et tentent de diminuer leur impact sur l’environnement, le gros défi concerne les zones agricoles intensives, qui détruisent les habitats naturels de la biodiversité et ne servent pas à nourrir l’humanité (alimentation animale, voir agro-carburants) ! Mais il existe aussi de nombreuses mesures concrètes et immédiates qui peuvent faire aussi bouger les choses, en restaurant les habitats.

  • Mettre systématiquement en œuvre les « mesures agrienvironnementales » existantes, telles que les prairies naturelles, tourbières ou bandes réservées à la faune, qui sont financées par l’Union européenne. Ces actions peuvent paraître marginales mais ont un impact important sur les espèces qui les utilisent comme refuges et repères. Ils permettent de contrer le problème de l’agrandissement progressif des parcelles. On redécoupe les espaces, sans entraver le travail des agriculteurs. On crée dans le même temps un lien entre agriculteurs et riverains.

3. Urbanisation

Il est indispensable d’avoir une réflexion concernant l’impact sur la nature pour tous les projets d’aménagements à tous les niveaux de pouvoir et chez tous les acteurs.

Pour changer les choses durablement, la priorité va à la protection et la multiplication des zones dédiées à la nature.

  • En Brabant wallon, il faut recréer les zones de transition (tampons) entre villes et villages, qui n’existent presque plus. Cela implique de préserver les milieux naturels qui entourent les villes. En construisant des réseaux écologiques, on fait rentrer la biodiversité dans les villes via des « corridors verts ». C’est l’enjeu de la structuration du territoire : l’urbanisation en ruban occupe les espaces disponibles, la pression agricole transforme les prairies en mono-culture.

Nos propositions pour la Province

  • Une politique d’acquisition de zones naturelles
  • Des PCDN dans toutes les communes : la Province doit encourager les communes à se doter d’un PCDN (Plan communal de Développement de la Nature), en proposant des aides plus importantes aux projets biodiversité pour les communes disposant d’un tel Plan. L’étude du réseau écologique dans le cadre d’un PCDN est actuellement financée à hauteur de 15 000 euros en début de processus. Il y a lieu de faudrait l’actualiser, ce qui n’est actuellement pas prévu, et de déterminer l’impact des mesures prises.
  • Un PPDN pour le BW : créer un PPDN (plan provincial de développement de la nature) qui veillerait, en collaboration avec les communes, à la cohérence des actions développées au niveau communal et les renforcerait, comme p.ex. la continuité des corridors verts.
  • Un.e éco-conseiller.ère dans chaque commune appelé à donner un avis éclairé sur les décisions, vérifier le respect de la préservation du réseau écologique et assurer le volet administratif du PCDN. Un cadastre des éco-conseillers du Bw est un élément préalable afin d’évaluer les moyens nécessaires.
  • Un label provincial et un conservatoire du paysage : la Province crée un label pour garder les espaces intéressants au niveau du Brabant wallon. Le conservatoire du paysage est quant à lui chargé de l’archivage, de la communication, de la veille patrimoniale et du répertoire des zones conservées et à conserver. Par ailleurs, la Province doit mettre en place une CCATM (à l’instar de ce qui se fait au niveau communal, une commission consultative provinciale d’aménagement du territoire).
  • Un accompagnement des particuliers qui souhaitent cultiver (potagers et jardins d’agrément) via les conseils et formations adéquates. Dans ce cadre le CPAR (Centre provincial de l’agriculture et de la ruralité) peut être un partenaire intéressant.
  • Une politique contre le morcellement des lieux et faire du maillage écologique, indispensable pour maintenir cette biodiversité (berme, talus de chemins de fer, …)
  • Un soutien supplémentaire à la Verdurisation des cimetières : la Région wallonne, via le label cimetières verts, interdit l’utilisation des pesticides dans les cimetières. La Province doit proposer des incitants complémentaires à ceux de la Rw.
  • Faire évoluer les critères de « Villages fleuris » en encourageant les plantes indigènes et vivaces.
  • Une promotion des plantes indigènes et mellifères ainsi que des légumes comestibles (sauf en bordure de route pour des raisons évidentes de santé); encourager les conventions bords de routes et chemin.
  • Soutenir la mise en place d’Assises locale de la biodiversité en lien avec les Assises régionales de la biodiversité.
  • Soutenir une dé-bitumisation des parkings, trottoirs, places, cours d’école… et remplacer avec des recouvrements perméables, pour une meilleure absorption des eaux de pluie et une diminution de la chaleur au sol.
  • Re-végétaliser les villes et centres de villages (rues, places, façades, toitures…), pour atteindre plusieurs objectifs : diminution de la chaleur lors des pics de températures, favoriser la biodiversité, améliorer la qualité de l’air.

4. Santé environnementale

L’environnement joue un rôle primordial sur notre santé. Face au poids des intérêts économiques et financiers, nous avons besoin d’un pouvoir politique qui prenne ses responsabilités. Notre santé dépend en effet étroitement de notre environnement, de notre capacité à le préserver et à l’améliorer dépend l’avenir des générations futures. Face au poids des intérêts économiques et financiers, nous avons besoin d’un pouvoir politique qui prenne ses responsabilités et qui favorise le développement d’alternatives propres afin de réconcilier notre santé avec notre environnement.

Nos propositions pour la Province

  • Identifier les enjeux de santé environnementale et assurer leur prise en charge par les services compétents (ce point est transversal).
  • Sensibiliser la population à un mode de vie équilibré (alimentation saine et équilibrée,…).
    Généraliser les cantines collectives bio et locales/circuits courts dans toutes les institutions provinciales.
  • Former/sensibiliser les citoyens à la lecture des étiquettes sur les aliments, étiquettes claires sur l’origine des produits et comportant le nutriscore.
  • Appliquer le principe de précaution devant les risques de pollution, notamment électromagnétique.
  • Imposer des zones tampons autour de toutes les collectivités exposées aux pesticides (crèches, écoles, homes, parcs publics, terrains de sport… etc.) pour protéger la santé des riverains :
    • Identifier les lieux sensibles et élaborer le plan de protection.
    • Préalablement à la création de lieux de collectivité, Province et communes doivent prévoir les zones tampons.
    • Encourager la transition écologique de l’agriculture : la Province est actuellement peu active alors qu’elle pourrait l’être, dans les conditions de location des terres agricoles dont elle est propriétaire et dans l’accompagnement et les conseils délivrés par le CPAR.
    • Inciter les CPAS à proposer une partie de leurs terres à des agriculteurs et maraichers en transition bio ou raisonné lorsque le bail arrive à terme, via des cahiers des charges plus stricts.
    • Assurer un soutien, via le CPAR, aux agriculteurs qui envisagent de se convertir au bio : politique d’acquisition de terres et mises à disposition pour les jeunes agriculteurs bio.
    • A côté des mesures agro-environnementales (MAE) imposées notamment via la PAC et la Wallonie, la province peut inciter les communes à agir sur ses propres terrains ou acheter des terrains pour la mise en place de bandes enherbées et la reconversion bio. De même elle peut agir au niveau de l’acquisition de terrains périurbains ou même enclavés en ville, en les louant à des maraîchers bios.
    • Initier une politique de santé publique en lien avec la santé environnementale à l’initiative de la province, notamment dans son rôle de sensibilisation, en faisant le lien avec le programme social – soutenir le CLPS (Centre local de promotion de la santé) https://clpsbw.be/, relance du projet de mise en place d’un observatoire de la santé du BW (enterré avec le SISS).

5. L’eau

Le réseau d’égouttage selon les objectifs du PASH a été en grande partie mis en place par l’IBW, et le réseau entretenu et rénové par l’IECBW. La fin de la construction des stations d’épuration et des collecteurs va permettre d’effectuer d’autres missions au sein de l’actuelle InBW. Ainsi, les résidus de différentes molécules (hormones, perturbateurs endocriniens, pesticides, médicaments, etc.) ne sont pas traités par les mécanismes actuels et posent des gros problèmes sanitaires, souvent sous-estimés.

Nos propositions pour la Province

  • Limiter les rejets de polluants dans l’eau et leur dissémination dans les eaux de surface.
    • La province a un rôle de sensibilisation à jouer (via ONE et dans ses écoles…).
    • Elle dispose également d’un levier important en ce qui concerne la qualité de l’eau potable. INBW doit travailler pour diminuer les polluants dans l’eau potable (notamment pour protéger des publics sensibles comme les enfants et femmes enceintes).
  • Mener avec l’INBW des actions pilotes de filtration et traitement (à la source ou en fin de chaîne) de ces substances, tout en agissant sur la limitation volontaire de leur recours, sans attendre un éventuel feu vert wallon.
    • Une attention particulière à tout ce qui vient des épandages en agriculture et qui se retrouve dans les eaux.
    • Renforcer les aides au passage en bio pour les agriculteurs et la mise en place de MAE (pas des suppléments aux aides régionales, pourvu que la MAE soit pertinente et au bon endroit).
    • Aider à la mise en œuvre de cultures bio sur toutes les zones proches des zones de captage ( en collaboration avec SWDE et Vivaqua).
  • Améliorer l’information aux consommateurs (transparence totale quant aux polluants dans l’eau de distribution)
    • Faire cesser les pollution des étangs qui récoltent les eaux souillées par déversement des bassins d’orage et promouvoir cette remise en état (comme le fait Natura 2000 dans ses zones).
    • Installer des récupérateurs d’eau de pluie en ville (avec filtres et via un circuit de gouttière « intelligent »), hors sol et/ou sous la voirie (mieux protégés) et envisager l’accès à l’eau pour les citoyens, via des pompes « simples » (arrosages de végétaux divers, plantes grimpantes, bacs comestibles…).

6. Inondations/Cours d’eau/Étangs

  • Être exemplaire en matière de perméabilité des sols, encourager les eco-zonings y compris en améliorant ce qui existe déjà. Actuellement avant même de rectifier les pratiques agricoles et la perméabilité des sols, on cure les cours d’eau, on rectifie, ce qui nuit à la biodiversité.
  • Poursuivre la politique de lutte contre les inondations : la Province a déjà beaucoup travaillé sur la problématique des inondations (GISER, subventions bassins d’orage, plateforme inondations…).
  • Encourager le dialogue avec les agriculteurs, mettre en place des mesures de compensations et, le cas échéant, imposer par expropriation pour cause d’utilité publique si nécessaire, la pose de haies, fascines, bandes enherbées, plantations d’un couvert végétal permanent, etc., dans les basins versants problématiques point de vue inondations.
  • Considérer la rivière comme un lieu de vie essentiel : les cours d’eau, étangs et marais doivent être considérés comme des relais de la biodiversité. Il importe de s’y intéresser en tant que tels.
  • Les Contrats de Rivières doivent continuer à faire l’inventaire des zones humides et marécageuses en vue d’en faire des lieux de préservation de la nature.

Plan de raccordement aux égouts pour les maisons

Pourquoi ? Parce que les collecteurs et l’égouttage existent mais que toutes les maisons ne sont pas raccordées, ce qui est mauvais pour les cours d’eau mais aussi pour les stations d’épuration qui ne travaillent pas de façon optimale.

  • Un contrôle supra-communal (via INBW) du raccordement (et non communal comme c’est le cas actuellement).
  • Une redéfinition et actualisation des Zones PASH (zones de traitement), qui ont 20 ans.
  • Imposer l’égouttage des maisons qui sont en zones d’égouttage collectif.
  • Stimuler les zones non-égouttées ou non-égouttables à avoir une station individuelle, dont il faut contrôler régulièrement l’efficacité (ce qui n’est pas le cas actuellement) via des primes provinciales et des conseils techniques (nouveaux métiers de l’eau d’INBW).

7. Les déchets

  • Généraliser le recours aux poubelles à puces pour tout le BW, assurer le ramassage des organiques et leur valorisation (via la bio-méthanisation, par exemple). L’enjeu est de réduire les coûts, de développer le déchet-ressource et le relocaliser, en évitant la rénovation du four 1 de l’incinérateur de Virginal (outil vieux, obsolète, augmentant l’effet de serre, cher et accroissant la surcapacité wallonne).
  • Impulser la réflexion autour des conteneurs à puces et notamment en ce qui concerne appartements, les rues sans trottoirs, etc. Et mettre en place des incitants pour encourager les citoyens à adopter ce système.
  • Encourager le collecte de déchets verts en ville et le compostage de quartier en campagne.
  • Promouvoir et soutenir tout ce qui est RRR (Réduire-Réutiliser-Recycler) : repair café, donneries, ressourceries en lien avec économie sociale, actions zéro-déchets…
  • Réduire le coût des parcs à conteneurs en promouvant la collaboration avec les ressourceries dans les parcs à conteneurs.
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