Soutenir les PME, créer de nouvelles filières, dynamiser les centre-villes et les circuits courts

La situation

Le Brabant wallon est attractif : la proximité de Bruxelles, la présence de l’UCL, la main­ d’œuvre qualifiée, la qualité de vie et le PIB/habitant élevé font du Brabant wallon une zone qui retient l’attention des investisseurs étrangers ou des autres régions du pays.

Le BW est à la pointe en matière de dynamisme économique, mais on a trop longtemps laissé aller la barque avec une vision à court-terme, guidée par les opportunités du moment, sans donner des impulsions et orientations sur les filières et la localisation stratégique de l’activité. En Brabant wallon, il n’y a pas de veille stratégique pour implanter des secteurs de pointe et la Province connaît une grande dépendance aux activités économiques du type service, potentiellement aisément délocalisables.

Dès lors, la province vit sur sa richesse et son dynamisme. Sans un sursaut et un renouveau, le BW risque de s’essoufler en raison, notamment du vieillissement de la population et de la trop grande unité de l’économie.

Les acteurs du développement économique du BW doivent prendre cette réalité en compte et faire évoluer leur priorités : par exemple, l’intercommunale InBW ne peut se limiter à faciliter le transfert/déménagement d’entreprises et d’emplois, elle doit aussi développer et coordonner des projets, initier des filières endogènes, assurer un développement durable du territoire provincial.

En outre, le territoire de la province doit être vu sous l’angle de bassin de vie et de supra-communalité afin de fédérer les idées et forces vives et d’éviter la multiplications d’activités identiques dans chaque commune.

Le projet d’Ecolo

 

  1. Défi de la dépendance au pharmaceutique, et des grands groupes en général. Le soutien aux PME/TPE doit être renforcé, et le BW doit créer de nouvelles filières, différentes du bio-pharma.
  2. Défi de la dynamisation des centres-villes.
  3. La nécessité de relocaliser les activités économiques dans une optique de circuits courts et de réduction des distances logistiques.
  4. Le défi de l’accompagnement des parcs scientifiques et économiques existants.

 

1. Mesures globales

 

  • Accompagner et renforcer le rôle de la CCI, et dynamiser la promotion des nouvelles filières.
  • Développer les structures innovantes qui dynamisent et renforcent les entreprises de manière à leur permettre de se concentrer sur leurs activités centrales : par exemple, les groupements d’entreprises, notamment en matières de comptabilité, d’aspects juridiques, de ressources humaines et d’informatique
  • Continuer de s’appuyer sur le pôle universitaire, et sur l’ensemble des hautes écoles et nombreuses écoles techniques implantées dans la province.
  • Élargir l’appui aux applications techniques/industrielles. Diversifier sans se focaliser uniquement sur le biopharma.

 

2. Nouvelles filières à développer en BW

 

  • Pour réduire la dépendance aux grands groupes, et créer et favoriser de nouvelles filières, il faut aller chercher les acteurs sans rester dans l’attentisme. Il faut s’appuyer sur les TPE et les PME qui représentent 96 % des entreprises du BW.
  • Par ailleurs, l’économie doit avoir une finalité sociétale, bénéficier à tous, et être respectueuse des ressources. Au-delà de la « simple » création d’emploi et de richesse, il est nécessaire de profiter du dynamisme et des atouts du BW pour développer les filières économiques les plus durables et tournées vers l’avenir :
    • économie du partage/collaborative (nouveaux modèles coopératifs et collaboratifs)
    • économie de la fonctionnalité (locations/prêts/services…plutôt que achat de biens)
    • économie circulaire (recyclage, écoconception, économie des ressources)
    • économie sociale (services aux personnes, circuits courts, modèles coopératifs).
Concrètement, nous proposons de soutenir en priorité, via des soutiens directs, indirects ou des appels à projets :
  • Le secteur de la transition énergétique : production et stockage d’énergie durable.
    Le secteur de l’économie collaborative et de la fonctionnalité : les locations et prêts peuvent dans de nombreux cas remplacer l’achat systématique de biens sous-utilisés (matériel et outils de bricolage ou de jardinage p.ex.).
  • Les services partagés et collaboratifs sont aussi un levier de développement des villes et villages : mobilité partagée (co-voiturage, location de voitures entre particuliers), circuits courts alimentaires ou tourisme partagé (location de pair-à-pair, échanges de maisons, etc.),…
    En matière de production, les initiatives telles que le coworking, les fab labs et repair-café, peuvent recréer un tissu professionnel de proximité.
  • Le secteur de la production agricole durable : il s’agira de favoriser le passage à des modes d’exploitation plus respectueux de l’environnement et des citoyen.ne.s. En parallèle, le modèle de commercialisation doit également évoluer vers des circuits plus courts et des modèles coopératifs, qui seront soutenus.
    • Concrètement, une régie agricole publique mobilisera, notamment, les terres publiques pour les louer et les faire exploiter selon un cahier des charges durable ou en favorisant les acteurs de taille « humaine ».
  • Soutenir la mise en place d’un pôle local d’échanges solidaires à la taille de bassin de vie
  • Le secteur de la construction et de la rénovation, dans ses filières durables. Les enjeux en BW sont nombreux : optimisation de l’espace disponible, transformation de logements trop grands…
    • Une zone d’activité économique sera dédiée uniquement à la construction et la rénovation, avec un focus sur le développement durable.
  • Le secteur de la revalorisation des déchets, notamment via les ressourceries. Il n’y a actuellement pas de réseau entre les acteurs, qui sont par ailleurs souvent dans des situations précaires (spécialisation poussée, locaux précaires…). Ces opérateurs doivent pouvoir compter sur des implantations définitives et un soutien public efficace, vu le service sociétal qu’elles rendent (recyclage et insertion de travailleurs précarisés). INBW développera la collecte des encombrants sur demande, à amener directement en ressourcerie.
  • Mener une politique volontariste pour héberger des entreprises actives dans le secteur du numérique.
  • Le secteur des services aux personnes. Actuellement, les secteurs d’emplois liés au social et à la santé, par exemple, sont sous-représentés par rapport à la moyenne wallonne.

 

3. Booster l’activité commerciale, notamment dans les centres-villes

 

Menacés par les zones commerciales décentrées, qui favorisent les grands groupes et un accroissement des déplacements en voiture, les centre-villes seront redynamisés, par une combinaison de mesures :

  • Réimplanter les services publics dans les centres.
  • Relocaliser les centres d’entreprises près des services existants, plus en rase campagne comme c’est trop souvent le cas.
  • Mettre un focus fort sur les commerces, en développant et en soutenant notamment des solutions innovantes :
    • Des formules souples, qui associent plusieurs commerces dans des « halles commerciales » coopératives, permettent aux petits commerces de se lancer, sans crouler sous un loyer trop cher.
    • La création d’une Régie commerciale publique, à l’échelle de la province ou d’un groupement de communes. Celle-ci serait habilitée à négocier avec les propriétaires de cellules vides et prendrait les risques financiers pour permettre une implantation facile des nouveaux commerces. Dans un second temps, la Régie pourrait également développer une fonction d’animation et publicitaire.

 

4. Repenser les zones d’activités économiques (zonings)

 

Les zones d’activité économique doivent évoluer également : leur modèle de développement et d’aménagement ne correspond plus à la situation actuelle du BW. A l’heure actuelle, les zones d’activités économiques hébergent 34000 emplois. En gardant la même densité, les parcs existants ont encore un potentiel d’accueil de 7000 emplois (+20%). En restructurant les espaces et en flexibilisant leur utilisation, ce chiffre peut encore augmenter, sans occupation d’espace supplémentaire.

Notamment, les normes d’implantation d’entreprise de l’IBW ne laissent pas de place à de la souplesse : deux sociétés de peuvent pas s’associer pour acheter chacune la moitié d’un terrain. On est dans une logique du lotissement, qui est obsolète. Il faut transformer les zonings existants pour les rentabiliser et y laisser de la place pour les PME.

  • Des solutions de co-construction et de co-location y seront développées.
  • Des zones plus petites seront également libérées/aménagées pour favoriser l’accueil des PME et des artisans.
  • Les zonings doivent être repensés en terme de circularité : réseaux de chaleur, utilisation de ressources croisées, transports collectifs… doivent devenir la norme dès que cela est possible.
  • Un réflexion sur la spécialisation de chacune des ZAE est un axe intéressant à pousser au plus vite.
  • Travailler à la mise en place d’un système semblable au principe de zone franche pour permettre de mieux cibler le soutien aux activités économiques que nous souhaitons voir développer
    suivre de près, accompagner et développer un dialogue avec les porteurs du projet CBTC (China Belgium Technology Center) à Louvain-la-Neuve.
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