Ce 22 mars, 5 ans après la Belgique commémore les victimes des attentats de 2016.

Il y a cinq ans jour pour jour, les attentats djihadistes de Bruxelles faisaient 32 morts.

Ce matin-là une double attaque suicide, à l’aéroport international de Bruxelles puis dans une station de métro du quartier européen, fait 32 morts et plus de 340 blessés, des actes revendiqués par l’organisation État islamique (EI). Le petit pays de 11,5 millions d’habitants est touché en plein cœur comme l’a été la France quelques mois auparavant.

L’hommage national, qui associe les associations de victimes Life4Brussels et V-Europe, est prévu en deux temps. Discours et témoignages de familles étaient attendus à 12h15 dans le quartier européen, là où a été érigé un monument dédié aux victimes d’actes terroristes. Cet anniversaire intervient sur fond de critiques en raison des lenteurs de l’administration et des assurances pour prendre en charge les préjudices des attaques.

Critiques et lenteurs de l’administration

«Il m’a fallu près de 5 ans pour obtenir une indemnisation pour la perte de mon conjoint. Mon fils ne l’a toujours pas reçue», raconte à l’AFP Charlotte Dixon-Sutcliffe, dont le mari, un expatrié britannique à Bruxelles, compte parmi les seize morts du métro Maelbeek.

De son côté, Life4Brussels a déploré l’abandon par le gouvernement belge d’un projet de «fonds de garantie», sur le modèle français, qui aurait permis aux victimes de percevoir une aide forfaitaire de l’État, charge ensuite à ce dernier de se tourner vers les assureurs pour récupérer l’argent.

En Belgique, les dossiers sont traités au cas par cas, «on laisse les victimes s’adresser elles-mêmes à une multitude d’organismes publics ou privés», regrette l’association, «l’État n’a pas compris que certaines se découragent et perdent leurs droits».

D’autres blessés ont témoigné de difficultés similaires pour faire reconnaître une incapacité de travail, qui dans certains cas a resurgi des mois après les attentats.
Création d’un guichet unique
 
La Belgique a décidé de créer un guichet unique pour que les victimes des attentats puissent trouver un lieu qui rassemble les différentes informations et aides possibles.  C’est un premier pas, mais ce n’est pas assez.  La prochaine étape est que chaque victime puisse avoir un dossier unique administratif et médical pour éviter les nombreuses démarches que les victimes des attentats de Bruxelles ont dû subir.
Malgré le contexte de la crise sanitaire qui a provoqué la suspension des commémorations en 2020.  L’association Life4Brussels en partenariat avec les réalisateurs Fionn Perry et Noureddine Zerrad proposent un projet participatif et artistique, afin de donner un espace d’expression aux victimes des attentats de Bruxelles et à leurs proches. Ce projet vidéo offre aux victimes le moyen d’être entendu.es cinq ans après.
ce projet est un moyen de diffuser au plus grand nombre un message de soutien et d’espoir, d’accomplir un devoir de mémoire malgré l’impossibilité de se réunir pour commémorer ces évènements tragiques. Il est une réponse au besoin toujours présent des victimes et de leurs proches de s’exprimer et de se soutenir.

Laurent Heyvaert, député au Parlement wallon

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